Un seul être vous manque...
Connaissant déjà bien la propension à l’autosatisfaction dont est coutumier le Ministre-Président du Conseil Général, Christian ESTROSI, je ne reviendrais pas sur l’ensemble des mérites qu’il s’attribue fort généreusement, même quand il n’est pas à l’initiative des équipements qu’il mentionne, dans les deux pages que lui accorde le quotidien local.
Néanmoins, et dans la ligne de ce que notre groupe a pu exprimer lors du débat sur le budget primitif, il me semble indispensable de revenir sur quelques points essentiels :
Nous avons déjà démystifié à plusieurs reprises la fable de la « fiscalité zéro ». En effet, la stabilité des taux n’implique pas que la fiscalité n’augmente pas comme l’affirme Christian ESTROSI. Nous avons démontré que dans la période de 2001 à 2005 la fiscalité départementale pesant sur les ménages avait augmenté de 24,93 millions d’euros quand celle des entreprises n’avait pour la même période augmenté d’à peine 4,16 millions ! Difficile dans ce cas de prétendre qu’elle n’augmente pas !
Pour ce qui est du montant de l’investissement, s’il est record en valeur brute, sa part dans le total des dépenses n’a cessé de diminuer pour passer de plus de 35 % en 2001 à 29,8% lors du Budget Primitif 2007, ce qui devrait inciter le président du Conseil Général à, pour le moins, relativiser ce chiffre !
Mais s’il est un domaine où les couplets triomphalistes sonnent particulièrement faux, c’est celui du logement en général, et du logement social en particulier, où nous avons pourtant formulé des propositions claires.
Dans un département où les fruits de la spéculation foncière nous placent en terme de recettes au deuxième rang national, comment passer sous silence le drame que constitue pour trop de familles dans les Alpes-Maritimes la difficulté et parfois même l’impossibilité de se loger décemment à des prix abordables ?
Drame illustré récemment par des initiatives d’associations œuvrant pour le droit au logement, alors que même les acteurs économiques locaux s’accordent à reconnaître la gravité du problème pour l’avenir et le développement de notre département.
C’est pourquoi nous avions demandé au Président du Conseil Général que l’intégralité de la croissance de ces recettes fiscales (de 2003 à 2005, + 65 Millions d’€ environ, soit + 33,2 % en deux ans) soit consacrée à un plan d’urgence en faveur du logement social, proposition ignorée par la majorité départementale de droite jusqu’à présent.
De tels chiffres devraient amener Christian ESTROSI, non seulement à plus de modestie et de mesure mais surtout à faire montre d’une volonté politique de s’attaquer à cet enjeu majeur en acceptant notre proposition !
Le silence sépulcral dans cette dernière interview à ce sujet n’augure rien de bon pour l’avenir de nos concitoyens en souffrance de logement mais nous poursuivrons nos efforts afin que ces besoins si cruciaux puissent être pris en compte, d’autant que les ressources existent !
Pour le groupe
Marius PAPI
Conseiller Général
Président du groupe communiste
au Conseil Général