Jeudi 19 avril 4 19 /04 /Avr 08:09

Si chacun peut se féliciter, avec l’inauguration du premier tronçon de la RD 6202 bis (ex RN 202 bis), de voir enfin aboutir un long processus pour que ce nouvel axe routier voie le jour, son intégration dans le schéma routier départemental soulève encore nombre de questions qui renvoient à la genèse de cet équipement.
Car nous sommes au regret de ne pas abonder dans la version œcuménique du Président du Conseil Général, lors de la cérémonie d’inauguration, visant à inclure tous les acteurs politiques locaux, passés et présents, dans la réalisation de cet équipement et à s’attribuer généreusement le seul mérite de son aboutissement.
Si le Ministre-Président du Conseil Général a joué un rôle dans l’achèvement de ce processus, celui-ci n’aura pas été sans heurts ni aléas :
Dès le début de la réflexion sur le projet d’une route nationale 202 bis, au milieu des années 80, ce sont les élus des communes qui allaient ensuite former la Communauté de Communes des Coteaux d’Azur qui sont intervenus auprès de la Direction Départementale de l’Equipement pour demander que ce projet se réalise sur la rive droite du Var, contre l’avis du Maire de Nice de l’époque, par ailleurs Président du Conseil Général, soutenu par une majorité départementale de droite dont faisait partie le Président actuel.
Ce dernier sait pertinemment aussi que c’est le Ministre de l’Equipement et des Transports,
Jean-Claude GAYSSOT, qui a permis de débloquer ce dossier en 2000, avec l’appui de nombreux élus, dont nous sommes et où figurait également le Vice-Président Communiste du Conseil Régional de l’époque, Jacques TIBERI. Ce déblocage était intervenu à partir d’un projet prévoyant une première phase en 2 X 1 voie avec desserte directe de la zone industrielle de Carros-Le Broc.
Si les élus communistes des Alpes-Maritimes se sont depuis longtemps battus pour une 202 bis, aujourd’hui RD 6202 bis, le long de la rive droite du Var, ils se sont par contre élevés contre toute volonté d’en faire l’ébauche d’une nouvelle infrastructure autoroutière, qui entrerait en contradiction avec les orientations de la Directive Territoriale d’Aménagement et qui a été déjà l’objet de nombreuses luttes passées, contre les projets du type A8 bis, A58 et la percée du Mercantour, défendue en son temps par Christian ESTROSI, où la 202 bis, conçue en 2 X 2 voies servait de tronçon initial et risquait de se transformer en « aspirateur à poids lourds » en direction du nord et du centre de l’Europe !
Ce type de projets impacterait à l’évidence le domaine agricole départemental, en particulier dans la vallée du Var, qui est pourtant clairement identifié comme un atout essentiel dans une perspective de développement durable. Et c’est la volonté d’imposer cette vision, contre l’avis des populations, qui a occasionné des délais supplémentaires et pas autre chose.
Les élus communistes ont par contre toujours milité pour la cohérence de cet équipement avec le schéma de transports collectifs départemental, d’où la demande du groupe communiste au Conseil Général que figure dans le cahier d’acteurs déposé par le Conseil Général dans le cadre du Débat Public sur le contournement de Nice, le passage des Chemins de Fer de Provence sur la rive droite du Var. C’est également cette volonté, ainsi que la question évoquée plus haut, qui nous avait amené à défendre une RD 6202 bis à 2 X 1 voie sur la rive droite dès Saint-Laurent du Var et jusqu’à Saint-Martin du Var, avec une desserte directe de la zone industrielle.
La question de l’accès à la zone industrielle de Carros-Le Broc reste toujours posée et nous restons très sceptiques sur le bien-fondé d’un passage en trémie, cette solution ignorant à l’évidence les risques inhérents à la nature torrentueuse du Var qui pourrait voir, un jour de fortes crues comme dans un passé pas si ancien, la trémie finir au niveau de l’aéroport. Nous avons là aussi défendu, sans être écoutés, le passage en viaduc qui aurait l’avantage de désengorger
le rond-point de la Manda.
La nature de cette voie et de son futur développement est à donc à l’évidence au cœur du débat sur les choix d’aménagement du territoire qui puissent garantir un développement équilibré et durable du département.
C’est pourquoi nous aurions souhaité que soient associés à la cérémonie d’inauguration les associations et aussi les salariés des entreprises concernées et leurs organisations syndicales, c’est-à-dire beaucoup de ceux qui sont impliqués dans la réalisation et le devenir de ce nouvel axe routier.
Nous entendons continuer pleinement à jouer notre rôle dans le débat sur la nature future de cet équipement, sur son insertion dans un schéma départemental d’aménagement cohérent et nous resterons vigilants et mobilisés, avec nos concitoyens, avec les salariés des entreprises intéressées par cette question, pour que les solutions choisies s’inscrivent dans cette approche et cette perspective.

Marius PAPI
Maire de Gattières
Conseiller Général de Carros

Emile TORNATORE
Maire du Broc
Président de la Communauté de Communes des Coteaux d’Azur

Par ADECR 06 - Publié dans : Conseil général
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